entette

« Deux routes s'offraient à moi, et là j'ai suivi celle où on n'allait pas, et j'ai compris toute la différence. » - Frost  

Le Comte : Qui t'a donné une philosophie aussi gaie ?
Figaro : L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer.

« Le Barbier de Séville », dans Le Barbier de Séville, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, acte I, scène 2 

 

Bienvenue

Mon frère est né le 15 février 1975 et il est handicapé moteur. L'autre jour il m'appelle et me dis " devine qui vient de partir de chez moi? Jules Edouard Moustic, je l'ai rencontré dans l'avion en rentrant de Paris et je lui ai raconté ce qui m'est arrivé la dernière fois avec le chauffeur, et il va écrire quelque chose là dessus. "

Cela peut vous sembler rien mais moi une fois de plus il m'épate. Voici un rapide exemple de ce qu'il a déja réalisé : Deug de science, prix pour un poéme, invitation à la garden party de l'Elysée, etc... J'ai donc décidé pour son 31ème anniversaire de lui offrir ce site Internet pour pouvoir vous raconter à tous son histoire. Vous verrez qu'au fur et à mesure que vous la découvrirez vous aussi vous serez tous épatés.

Je vous invite à revenir souvent, car non seulement ce site n'est pas complet sur son histoire passée mais le temps que nous le finissions, combien de nouvelles histoires aura-t-il à nous raconter?

Sébastien Irigoyen le 15 Février 2006

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Merci Fréro.

Quelques jours après j’étais dans une gare qui me rappelait quelque chose. C’était à Limoges, je m’y rendais pourtant pour la première fois. Dans toutes les gares de France il y a un service d’aide pour les personnes handicapées où à mobilité réduite. J’avais demandé un fauteuil et tout s’est bien passé. Ils m’ont amené tranquillement dans le hall. (Ce n’est pas toujours le cas et c’est grâce à ça que j’ai appris dès 14 ans à descendre du train tout seul, et en plus, je ne suis jamais tombé !!! mes sacs par contre !!!).
Ma frustration – comme tant de fois, fut de ne pas pouvoir échanger ces quelques mots avec la personne qui me poussait et qui était très sympathique : ça m’a fait bizarre il me semble connaître cette gare et j’étais sur de n’avoir jamais mis les pieds à Limoges. (Quelques jours plus tard je me suis rappelé que j’avais fait un changement ici pour me rendre de Paris à Guéret. Eh oui j’ai même été à Guéret !!!! Guéret : c’est bien c’est calme je n’ai vu d’autres intérêts dans cette ville).
Ce site que mon frère a eu la brillante idée de m’offrir me permet, entre autre, de faire connaître un peu ma vie, comme à cette personne qui m’a aidé dans cette gare, à toutes les autres qui m’aident régulièrement mais avec qui je n’ai jamais la possibilité de discuter.

Mon lourd problème d’élocution, paradoxalement, n’est pas ce qui me fait souffrir le plus dans mon handicap. Avec de l’orthophonie, de l’exercice, à force de prendre la parole dans des réunions ou en d’autres circonstances, comme par exemple parler à des gens que je ne connais pas ; depuis une huitaine d’années j’arrive plus facilement à m’ouvrir aux autres et à me faire relativement comprendre (même si des fois je dois passer par l’écriture sur un post-it).

Ecrire à la main me coûte peu d’efforts mais pour ça aussi ce fut un travail personnel que j’ai fait tardivement comme je l’explique dans un de mes textes.

Le plus gros problème lié à mon handicap (hormis celui de rencontrer une compagne) c’est bien l’écriture sur un clavier. Et si c’est bien cela qui me fait le plus souffrir c’est que l’écriture (intellectuellement) m’est facile et agréable. D’ailleurs ce texte est écrit dans ma tête depuis un an, mais pour réunir les deux conditions nécessaires pour transférer ce que j’ai dans la tête vers un support d’écriture il faut : du temps mais surtout quelqu’un qui puisse m’aider à taper les mots que je dicte.
C’est pour ça que ce site n’est pas un blog mais un recueil de textes mis à jour avec un décalage de quelques mois ou année.

Mais j’essaierai très vite de mettre en place un forum de discussion où vous pourrez réagir.

Ces textes publiés, bien que personnels, évoquent la réalité de beaucoup de personnes ayant mon handicap.

bdp