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TEMOIGNAGE DES J.M.J de Cologne

 

Pour une fois, je ne vais pas tout vous raconter, sinon, j'écrirais un livre. La principale raison en est que je ne suis pas parti avec des personnes en situation de handicap, mais avec des personnes dites valides. Je ne reviendrai pas sur les conditions lourdes qui m'ont permis de partir ainsi. Il est impossible de ne pas parler de la différence de ces deux manières de partir en pèlerinage.

Au lieu de faire un grand discours, je vais juste vous faire part d'un sentiment qui m'est venu lorsque je me suis retrouvé tout seul dans la famille d'accueil alors que les autres étaient partis en excursion en forêt, n'ayant pas pu partir avec eux puisque j'utilise un fauteuil.

Je m'apprêtais à passer l'après midi devant la télé ou avec un bon livre - comme il m'est arrivé fréquemment. Quel fût mon étonnement lorsque Carola, notre hôtesse, qui nous recevait Alexandre, Clément et moi, est venue me demander si je voulais bien parler de ma vie et aller rendre visite à sa mère avant de rejoindre le groupe.

Alors qu'elle préparait le goûter me laissant seul sur la terrasse ensoleillée, un sentiment est venu me troubler : « Là, je suis à ma place ! »

Songeant à tous les efforts et difficultés qu'il a fallu affronter pour pouvoir partir avec des valides, je n'étais pas sûr de la nature de ce sentiment (bonheur ?...)

Voilà donc pourquoi je ne peux pas tout raconter, vu qu'on a largement dépassé les 35 heures d'activités par semaine.

Alors je vais vous livrer jusque quelques flashs.

(Enfin, je vais essayer.)

 

Les messes allemandes ont une particularité très intéressante. Lors de la communion, toute l'assemblée se réunit en cercle autour de l'autel et c'est le prêtre ou les prêtres (car ils sont nombreux là bas) qui circulent pour distribuer la communion à l'assemblée. J'ai trouvé cela intéressant et beaucoup plus proche des premières messes comme on peut les imaginer dans les catacombes de Rome.

La visite de Fribourg avec ses intrigants petits ruisseaux qui circulent dans tout le vieux quartier, qui servaient autrefois pour éteindre les incendies.

Le petit musée avec ses maquettes représentant Fribourg à plusieurs époques. Cette cathédrale avec la grande tour qu'on a pas eu le temps de visiter. Puis cette visite d'un château en ruine, niché au bout d'une longue ballade en campagne où mes amis se relayaient pour pousser le fauteuil tout en partageant avec les jeunes du groupe des histoires drôles qui me font encore rire.

 

Enfin, toutes ces soirées dans la grande salle paroissiale où nous partagions tous les soirs des bons repas, des danses et des échanges très sérieux.

Voilà comment s'est composée la première partie du voyage , dans la région de Fribourg:dans la petite ville de Denzlingen .

 

Le 15 août nous prenons tous (nous étions à peu prés 400 du diocèse) la direction de Cologne avec un arrêt à Mannheim .

Mannheim  : premier grand rassemblement pour ce grand jour qui est la fête mariale, particulièrement importante pour moi pour plusieurs raisons. Dire que l'année avant j'avais vu Jean-Paul II à Lourdes !!!

Il ne faisait pas très beau quand on est arrivé. Nous marchions sans trop savoir le déroulement de la journée. Arrivés sur site, nous avons mangé de bons sandwiches préparés par nos familles qu'il avait été dur de quitter. Peu à peu le monde arrive, le soleil aussi et la grande messe se prépare. Nous voyons qu'il y a des places réservées aux prêtres et aux personnes handicapées devant l'autel et nous essayons d'y aller avec Clément et Rhéa. Après un bain de foule comme je les aime, nous rappelant une soirée qu'on avait faite aux fêtes de Bayonne avec ces deux mêmes amis, nous arrivons aux barrières de sécurité. On me laisse passer mais avec un seul accompagnateur. C'est donc Rhéa, ma compatriote portugaise qui est venue avec moi car depuis le début du séjour nous ne nous étions pas vus.

Le soir nous arrivons non loin de Cologne à Hennef, nous ne savons pas si nous dormirons dans des familles ou dans des écoles. J'espérais beaucoup être dans une famille.

J'aime bien voyager mais j'aime bien aussi mon petit confort ; même si je m'adapte à tout (comme je l'ai fait en Lettonie où la misère est partout). Arrivés sur place des sandwiches et des boissons nous sont offerts en attendant de savoir où nous allions dormir.

Alors que ne savons pas encore la suite des évènements, une messe est annoncée, avec Rhéa et Clément sans trop savoir si cette messe était pour nous, nous y allons. Une deuxième messe pour Marie ce n'était pas de trop car je n'ai pas été aux JMJ pour voir du pays mais pour porter devant le Seigneur une demande de paix pour une amie trop longtemps blessée.

Mes accompagnateurs ne m'ont pas seulement aidé à porter mon handicap (le mot « handicap » vient du poids qu'on rajoute aux chevaux de course pour équilibrer les courses !!), ils m'ont surtout accompagné dans cette prière que je ne peux plus porter tout seul. J'avais écrit un petit mot expliquant la situation de mon amie car c'est beaucoup trop dur d'en parler.

Après la messe qui finalement était pour nous, nous avons enfin que nous sommes hébergés dans une famille.

Il était temps et la journée fût très longue. La famille qui peut nous recevoir dispose de 4 places. Avec mes 4 accompagnateurs nous sommes 5 et mes amis m'ont demandé de choisir qui viendrait avec moi, dur dur. Alors je m'excuse encore auprès de Romain qui a accepté de m'accompagner juste quelques jours avant le départ.

J'étais fatigué et j'ai préféré continuer avec des amis que je connaissais mieux. Je croyais qu'on allait pouvoir se retrouver les 5 pendant les journées qu'on allait passer autour de Cologne. Mais l'organisation ne nous l'a pas permis.

La famille était encore adorable et je regrette que l'on n'ait pas pu passer plus de temps avec eux. Car dés le lendemain les journées de Cologne commençaient.

La messe d'ouverture fut célébrée dans un immense stade. Il y en avait 4 simultanées dans d'autres villes. Messes à guichet fermé, ambiance chaleureuse et joyeuse en attendant l'ouverture de la célébration, puis silence total. Messe sublime, avec un invité prestigieux : le président de l'Allemagne. (et oui, il y a un président de la république en Allemagne !!!).

Après, un concert est donné, nous étions dans les tribunes et nous essayons de descendre. Après plusieurs refus, car bien sur tout le monde n'y avait pas accès, nous avons pu passer.

C'était une grande fête, au hasard des rencontres nous trouvons un responsable allemand qui était venu à la journée de lancement des JMJ à Bétharram. On est content

 

Le matin nous avions des catéchèses dans une autre ville, données par des cardinaux, elles étaient suivies par des messes très animées par notre diocèse, où notre cher évêque nous a rejoint après quelques difficultés. C'était un réel bonheur de le retrouver si loin de chez nous.

L'assemblée regroupait plusieurs paroisses françaises. Ainsi nous avons pu échanger nos réflexions avec un diocèse de Paris et un autre de la Réunion Nous avons assisté à deux matinées avec une catéchèse sur la vérité et une autre sur l'eucharistie.

La première m'a particulièrement touché. Peut-être qu'elle m'a transformé ; du moins la vision que j'avais de certaines situations trop lourdes, lorsque la réalité n'est plus tolérable.

Les après midi nous allons à Cologne où de nombreux festivals ou autres rencontres étaient organisés.

 

Nous nous sommes surtout préoccupés de ce qui était prévu pour les personnes handicapées, pour la nuit du Samedi où tous les jeunes du monde entier dormaient dans un immense parc à la belle étoile, dans mon inscription on m'avait proposé un petit lit pour cette nuit mais on n'avait aucune information sur comment le récupérer.

 

La deuxième après midi était réservée à l'arrivée du Pape, nous avions deux possibilités, le pape arrivant par un bateau : soit trouver une petite place sur les bords du Rhin soit s'aventurer aux abords de la cathédrale. La fatigue arrivant pour une fois nous avons choisi la facilité et nous sommes restés sur le bord du Rhin, on a aperçu le Pape saluer la foule puis on s'est dirigé vers un écran géant pour voir son arrivée à la cathédrale.

J'ai eu un étonnement tout bête : voir le Pape marcher, en effet ça ne faisait pas longtemps que le Pape Jean-Paul II était parti et il faut du temps pour s'habituer à un nouveau Pape, j'étais resté à l'image du Pape que j'avais pu voir à Lourdes « malade parmi les malades ».

 

Le troisième jour était celui de la catéchèse itinérante dans la cathédrale de Cologne. On n'a pas compris comment cette catéchèse fonctionnait. Alors nous avons visité cette cathédrale superbe avec Rhéa et Clément. Encore une fois, grâce à mon fauteuil nous passons devant la foule, qui faisait la queue pour rentrer. Ainsi, nous avons pris tout notre temps pour visiter cette magnifique et impressionnante cathédrale. Puis nous mangeons les bons sandwichs préparés par notre famille. Décidément, les deux familles qui nous ont reçu étaient d'une extrême gentillesse. L'idée qu'on se fait de l'austérité des Allemands en général, est complètement fausse.

Assis sur le parvis, nous rencontrons des jeunes du monde entier. Une soeur d'Amérique Latine me donne une affiche de la Vierge Marie remplie de couleurs, rappelant son pays d'origine.

Tous les jours à Cologne étaient comme ça. Dans un tramway, rempli de chansons, nous parlons avec des jeunes venant du Texas, puis dans un autre, nous rencontrons des Australiens. Le métro était bondé par cette foule de très bonne humeur venue à Cologne pour adorer le Christ. Tout le monde nous aidait pour porter le fauteuil dans les escaliers. Parfois je restais dessus, ce dont j'ai horreur, mais la bonne humeur de cette marée humaine était rassurante.

Le dernier soir nous décidons de rentrer tôt pour nous reposer. J'avais une toux qui commençait à être gênante et inquiétante. Le lendemain nous devons dormir dehors pour la veillée avec le pape et l'ensemble des jeunes venus des quatre coins du monde.

Sur le chemin du retour nous apprenons qu'il y a une réunion à la paroisse pour faire le point sur le déroulement du week-end. Nous nous reposons un peu chez la famille ( il fallait trois quarts d'heures par le train rapide pour rentrer au village. Par chance nous avons toujours pris le bon). En partant pour la réunion, la famille nous accompagne. Nous soupçonnons une surprise pour notre dernière soirée à Hennef. ce n'était pas la seule.

 

La réunion n'a pas eu lieu, car c'était l'heure de faire le chemin de croix. Il était organisé par la paroisse sur tout le village.

La fatigue, le froid, ma toux, l'attente de ce repos qui n'aura pas lieu, me plonge dans une concentration et un état d'esprit d'une ouverture inhabituelle pour entamer le chemin de croix. Nous ne savons plus rien. Nous marchons avec nos camarades dans un silence entrecoupé de chansons et de lecture rappelant les souffrances qu'a endurées le Christ. Une chanson particulière m'a littéralement porté : LA PREMIERE EN CHEMIN, MARIE « marche avec nous marie.... » Elle me disait, qu'il fallait faire confiance même si l'on ne comprenait pas.

 

Au bout du long chemin, une soirée concert nous était offerte avec des sandwichs chauds.

Au retour des bus devaient nous raccompagner jusqu'à l'église . mais nous avons dû rentrer à pied en demandant notre chemin.

Certains soirs après ces journées bien remplies nous faisons une prière tous les quatre dans ma chambre. Je suis toujours très mal à l'aise car je pense à mon amie qui souffre tant. Je n'arrive jamais à prononcer quelques mots dans ses moments d'intimité. Comme je suis le seul à garder le silence Rhéa ou Clément parle de mon amie et du papier que j'avais écrit à son sujet. J'ai été très touché d'entendre des mots pour elle confiés au Seigneur car c'est une partie de la foi qui m'est complètement inaccessible.

 

Après une courte nuit et des adieux très chaleureux à notre famille, nous partons de bonne heure pour le grand rassemblement autour du pape. En chemin on nous précise les coordonnées de l'espace qui est réservé à notre groupe. En descendant du train j' ai un coup de foudre en voyant des jeunes brandir une grande croix gonflable. J'en ai acheté une à la sortie de la gare.

Tout le long du chemin la foule de pèlerins ne cesse de grossir. Dans les rues les gens étaient aux fenêtres pour nous regarder et nous applaudir. Sur mon fauteuil je portais la croix qui est presque aussi grande que moi quand je suis assis. Plusieurs personnes ont bien rigolé en me voyant. (Moi aussi, mais nous rigolions énormément tous les jours)

En arrivant sur l'immense prairie nous trouvons notre place et la première chose que nous avons faite fut d'installer nos duvets pour récupérer un peu. Plus tard nous avons de nouveau cherché une solution pour que je puisse avoir un petit lit pour dormir. Ainsi nous nous baladons dans cet immense espace où les jeunes du monde entier s'installent en chantant et parlant une multitude de langues. Cela m'évoque le passage de la Bible , où après la chute de la tour de Babel, les gens ont commencé à parler dans différentes langues.

Nous arrivons à la grande tente qui était réservée aux personnes handicapées proposant des lits de repos, des boissons chaudes etc. nous pouvons ainsi nous réchauffer et apprendre qu'il y aurait la possibilité de dormir dans une école. Il faisait très froid, je toussais de plus en plus, j'étais donc très rassuré de pouvoir dormir au chaud. Rassuré mais aussi peiné de ne pas pouvoir rester avec les autres et obliger Rhéa à venir avec moi. Sans cette toux, j'en aurai été capable.

Dans l'après midi, nous célébrons une petite messe entre nous. Vient à mon esprit le passage « des béatitudes » que Jésus a prononcé sur une montagne prés du lac de Tibériade dans une foule comme la nôtre. Nous entendions mal le prêtre comme si nous étions parmi la foule qui écoutait Jésus. Ce fût le moment le plus touchant de ces JMJ. Ce moment privilégié aurait pu se passer il y a 2000 ans. C'était si bouleversant que le froid et la fatigue avaient disparu, aspiré par cette écoute difficile, dans cette atmosphère étrange, coupée du temps.

 

Puis arrive le pape. Nous croyons qu'il allait passer dans l'allée juste à côté de nous. Mais non ! Il était très loin mais nous avons la chance d'être tout près d'un écran géant et nous voyons tout. Son arrivée est accompagnée d'acclamations mélangées à l'animation musicale qui avait commencée en début d'après midi.

La cérémonie se déroule sur un grand promontoire assez loin de la foule. C'est un peu dommage.

Plusieurs délégations viennent lui rendre hommage en lui offrant des présents. Il y a même une personne en fauteuil roulant.

La cérémonie commence, tout le monde s'assoit par terre. Nous avions pu mettre mon fauteuil au milieu de nous : je suis donc assis un peu plus haut que les autres, je peux donc parfaitement voir l'écran mais je suis aussi exposé au vent et j'ai de plus en plus froid. Je voulais cependant rester sur le fauteuil pour moins avoir moins mal au dos, mais du coup, je me sentais fort loin des autres.

Et là un autre grand moment s'est produit : à vous d'apprécier s'il s'agit d'un signe du Saint Esprit ou pas ? Le Pape disait son brillait discours en plusieurs langues successivement, il était traduit sur plusieurs ondes radio suivant la langue. Hors pour une fois je n'avais pas oublié dans mon sac la petite radio que m'avait donnée mon père. Et petit à petit, le temps que j'arrive à la régler, des amis pourtant épuisés, se sont approchés de moi pour écouter la radio et du coup je n'étais plus seul.

Vers 22 heures nous nous rapprochons de l'accueil réservé aux personnes handicapées et nous attendons et attendons toujours. Puis on nous fait sortir du parc et là : nous attendons, nous attendons des bus qui doivent nous emmener... Dans une école d'après ce qu'on comprend.

La veillée commence : Alexandre et Clément rejoignent le groupe et je reste avec Rhéa.

Il fait froid. Des bus arrivent, il y a plusieurs personnes dans notre situation et nous attendons encore. Je suis un peu triste : la cérémonie de la veillée qui était un point fort de ces rencontres commence là-bas et Rhéa reste avec moi un peu loin du rassemblement, je suis un peu triste pour elle et pourtant j'aurai une merveilleuse surprise.

Les bus arrivent, ça me rappelle les transports pour personnes handicapées en France. Sauf que là, la sécurité est beaucoup plus lourde. Il faut bien 20 minutes pour attacher tout le monde. C'est l'Ordre de Malte qui gère tout et qui est très présent. Nous partons. Rhéa n'est pas dans mon bus. Est-ce qu'ils ont bien compris qu'elle m'accompagnait moi et pas quelqu'un d'autre. Je suis sûr que nous n'allons pas très loin mais je me trompe. Je suis épuisé et je ne me sens pas bien. J'ai peur de m'endormir et d'être malade. Nous arrivons, je retrouve Rhéa : ouf !!!

Nous étions dans une école et des bénévoles ont commencé à monter des lits dans une grande salle, on s'installe dans un coin. A cette heure tardive et avec cette fatigue énorme je suis tombé en admiration devant la foi de Rhéa. Pendant que la salle finissait de se remplir nous lisons sur le livre du Pèlerin les textes de la cérémonie que les autres sont en train de vivre.

Puis en me tenant la main elle fait une prière pour tout le monde et aussi pour mon amie.

 

Quelques heures plus tard nous nous réveillons pour assister à la prière du matin avec le Pape.

Sauf que le chauffeur ne trouve pas le bon chemin. Avec si peu de sommeil nous ne cherchons même plus à comprendre ce qui se passe, nous espérons seulement arriver à temps pour la messe.

A un moment nous sommes arrêtés par une barrière et on pense que le Pape va passer par là. Tout le monde descend. Nous étions les seuls français avec Rhéa. Nous sommes vraiment perdus. Tellement perdus que j'ignore comment nous avons rejoint notre groupe. En tout cas on s'est retrouvés juste avant la messe. La joie de ces retrouvailles et de cette belle messe nous redonne un peu d'énergie.

Heureusement car après le repas nous devons rejoindre le bus et là encore une drôle de surprise : évidemment la sortie du parc prend beaucoup de temps ce qui est compréhensible. Mais une fois sortis nous ne savons pas du tout où sont nos bus. Nous marchons d'abord dans des prairies puis dans une forêt. Des heures passent sans que nous sachions combien de temps cela va encore durer, on n'y comprenait rien. Plusieurs personnes se sont relayées pour me pousser. J'étais un peu gêné quand même. Puis un petit village apparaît, nos bus étaient là ! Cette épreuve nous a tous portés au bout de nos limites. C'est là le véritable sens d'un pèlerinage et pour le comprendre il a fallu beaucoup de temps.

Enfin nous avons pu dormir dans le bus comme jamais je n'avais dormi.

Bayonne est arrivé très vite.

 

Mais restons encore un instant dans le bus. J'ai parlé d'une merveilleuse surprise il y a quelques instants. Sur la route que je connais par cour, de Bordeaux à Bayonne, nous avions perdu pas mal de pèlerins, enfin ! Ils étaient descendu prés de chez eux : Paris, Tours et Lipostey (au revoir Romain, on ne s'est pas beaucoup vu, mais je te remercie sincèrement d'avoir accepter de m'accompagné juste avant de partir).

Nous nous retrouvons donc en petit groupe qui se connaissait : l'aumônerie des étudiants de bayonne. (Je ne suis plus étudient mais : chut !). Nous nous recueillons pour prier, évoquant les moments forts de ces JMJ. A mon habitude, rien ne sort de ma bouche, mais des larmes de mes yeux. Des larmes de bonheur en entendant Rhéa, remercier le seigneur pour m'avoir accompagné...

 

C'est moi qui vous remercie, Rhéa, Clément, Alexandre et Romain. Nous avons partagé des moments d'une richesse inestimable, des fous rires aux larmes, comme on dit, sauf que là, ils étaient poussés par notre foi. Nous nous connaissions peu, nous nous sommes rencontrés aux rameaux. Mais vous avez su regarder ma personne avant mon handicap, alors tout fût plus simple.

 

J'ai été plus long que promis, sans tout raconter néanmoins. Plusieurs raisons me poussent à écrire ces différents récits.

Raconter le mieux possible car je ne peux pas être aussi précis en parlant.

Je tenais à faire partager cette aventure à tous mes amis particulièrement à ceux de la fraternité chrétienne des personnes malades et handicapées qui ont été très nombreuses à accompagner ces jeunes par leurs prières.

 

Ensuite, sans vouloir blesser personne, je voudrais faire comprendre que ce n'est pas parce que l'on a un handicap que l'on est obligé de partir systématiquement avec une organisation spécialement pour personnes malades ou handicapées qui est, certes, d'une générosité extrême, mais pas du tout adaptées à mon cas, mon état social, plus précisément (qui est très loin d'être hors du commun).

Je ne comprendrai jamais pourquoi en partant avec une de ces organisation, je dois mettre de coté certaines parties de ma personne : particulièrement ce qui touche mon autonomie et ma liberté. Je suis handicapé, mais j'ai une vie normale (et bien remplie).

 

Tout au long de ce pèlerinage elles ont été respectées : je suis resté moi-même !

 

Si seulement on pouvait améliorer les choses !!! Dés qu'on voit une personne en situation de handicap, on lui demande qui est responsable d'elle ! C'est ce qui s'est passé à mon inscription ! Étant le seul responsable de moi-même, c'était mal parti !

Mais puisque tout s'est bien passé, peut-être le temps où change les mentalités s'approche ?

 

J'ai 31 ans, c'était donc mes dernières JMJ, les souvenirs relatés ici et tant d'autres, particulièrement la chanson «debout resplendi» qui parle de la joie qui arrivera un jour a Jérusalem, resterons longtemps dans mon cours.

 

Ils m'ont bien aidé dans l'épreuve qui m'attendait en cette fin d'année 2005..

 

Mais ça, c'est une autre histoire .....

 

 


LA PREMIERE EN CHEMIN, MARIE
Paroles : Marie-Colette Gédon

Musique : Georges Lefebvre


1 - La première en chemin, Marie tu nous entraînes
A risquer notre "oui" aux imprévus de Dieu.
Et voici qu'est semé en l'argile incertaine
De notre humanité, Jésus Christ, Fils de Dieu.

Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

2 - La première en chemin, joyeuse, tu t'élances,
Prophète de celui qui a pris corps en toi.
La Parole a surgi, tu es sa résonance
Et tu franchis des monts pour en porter la voix.

Marche avec nous, Marie, aux chemins de l'annonce,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

3 - La première en chemin, tu provoques le signe
Et l'heure pour Jésus de se manifester.
"Tout ce qu'Il vous dira, faites-le !" et nos vignes
Sans saveur et sans fruit, en sont renouvelées.

Marche avec nous, Marie, aux chemins de l'écoute,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

4 - La première en chemin pour suivre au Golgotha
Le fruit de ton amour que tous ont condamné,
Tu te tiens là, debout, au plus près de la croix,
Pour recueillir la vie de son coeur transpercé.

Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de croix,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

5 - La première en chemin, brille ton espérance
Dans ton coeur déchiré et la nuit du tombeau.
Heureuse toi qui crois d'une absolue confiance ;
Sans voir et sans toucher, tu sais le jour nouveau.

Marche avec nous, Marie, aux chemins d'espérance,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu.

6 - La première en chemin avec l'Eglise en marche,
Dès les commencements, tu appelles l'Esprit !
En ce monde aujourd'hui, assure notre marche ;
Que grandisse le corps de ton Fils Jésus Christ !

Marche avec nous, Marie, aux chemins de ce monde,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chem

bdp