entette

50 ans de matignon !!!

 

Jocelyne une ergothérapeute qui m'a un petit peu plus suivi à la fin. Notamment pour tenter de m'apprendre à écrire le mieux possible sur une machine à écrire. Mais vendredi dernier alors qu'on faisait un petit jeu avec des questions j'ai eu grand plaisir à lui répondre quand elle m'a demandé si elle voulait qu'elle écrive des réponses:"non, ce n'est pas trop dur d'écrire à la main...par contre j'ai l'impression que les heures et les jours qu'on a passés à apprendre le clavier de la machine ne m'ont servi à rien...J'écris toujours avec autant de difficultés que quand nous avons commencé" et nous avons ri !

 

Avec patricia ma psychomotricienne... et bien plus. Je crois que c'est cette personne qui a développé la capacité la plus utile dans ma relation avec mon handicap: l'auto dérision. Outre la psychomotricité qui m'a notamment aidé plus tard en maths et dans la conduite. Apprendre à se repérer dans l'espace, voir la même chose sous plusieurs angles, elle m'a fait partager d'innombrables aventures. Sur cette photo je lui ai dit la dernière fois j'avais pas été bon, c'était il y a vingt ans. Et elle m'a répondu "tu as bien progressé, dans vingt ans, tu toucheras le rouge" Je ne peux pas raconter tout mais c'est quelqu'un à qui je pense très régulièrement car elle m'a permis de faire des choses qu'à priori mon handicap ne m'aurait pas permis. D'ailleurs des fois même le réglement ne le permettait pas!C'est sûrement grâce à ces moments improbables que j'ai pourtant vécus qu'aujourd'hui j'aborde certaines épreuves avec légèreté .

Au fond le Docteur Grenier, grand pédiatre, fondateur de ce merveilleux centre . C'est lui qui m'a diagnostiqué IMC au bout de quelques mois. C'est lui qui a poussé mes parents à me laisser faire le plus de choses possibles , comme ramper si je voulais aller quelque part, comme commencer la kiné avant même d'avoir un an. Mes parents ont eu la force de suivre ses conseils et d'essuyer bon nombres de critiques...dans quel état serai je si on ne l'avait pas écouté...

 

Arlette mon institutrice des cours moyens qui a eu la grande gentillesse d'être aussi ma tutrice quand j'ai commencé le collège. L'éducation à Matignon s'arrêtait à la fin du primaire ou à quatorze ans. On était peu d'enfants à finir le primaire avant quatorze ans mais ce fut mon cas. Il aurait fallu que je parte à douze ans dans un autre centre pour continuer, mais comme le seul qui me convenait été à Bordeaux j'étais un peu jeune pour partir de chez moi. Alors on a mis en place un système de cours par correspondance pour moitié et une intégration, à l'époque un peu forcée pour l'autre moitié. On m'a carrément construit une salle à côté de la classe d'Arlette pour que je puisse travailler avec un des premiers ordinateurs.

 


Un de mes premiers kinés qui ne m'a pas vu longtemps mais qui a marqué à jamais ma famille et une bonne partie des personnels. A l'époque on essayait tout et certains trucs n'étaient pas compatibles avec moi. C'était le cas de l'appareil anti bavage. C'était un truc qu'on me mettait dans la bouche et que je ne supportais pas du tout. Je ne me rappelle pas mais à force que tout le monde me raconte l'histoire de la baffe j'ai l'impression que certaines images me reviennent. J'étais assis sur la table et j'essayais plus ou moins de me tenir tout seul, je n'avais pas encore d'équilibre. En même temps j'avais cet appareil immonde dans la bouche qui ne voulait pas rester en place. et quand je l'ai craché pour une centième fois une claque est partie et a du se faire entendre dans tout le centre. Il parait même que certains soirs les échos encore rebondissent sur les murs. En tout cas quand on s'est retrouvé on a parlé d'autre chose et quand il m'a dit il me semble que je te reconnais par ton regard mes parents qui étaient à côté ont dit:" c'est vraiment sincère."

 

  avec moi Jessica et David, David que j'ai connu presque bébé. Je passais de longues heures dans le bus qui faisait le ramassage à côté de lui en lui faisant des chatouilles. C'était long ces trajets il me semble qu'on allait jusqu'à Espelette et Mouguerre. J'habitais d'abord à Anglet puis à Arcangues. David était venu une fois il s'en rappelle encore

bdp