entette

Pas de vacances pour les discriminations.

 

Ayant la chance d’habiter à côté des arènes de Bayonne je peux m’y rendre en fauteuil électrique. En passant à côté pour aller me promener dans les rues de Bayonne de plus en plus agréable et facile d’accès : j’ai vu que l’opéra la Traviata était annoncée pour le 19 juillet. Voir un opéra est un petit rêve. Arrivé à Bayonne je me rends à l’office du tourisme, je dégaine mon portable pour écrire un sms demandant les prix et les conditions d’accessibilité pour assister à cet opéra. 45euros c’est certes un prix important vu mon seul revenu qu’est l’allocation d’adulte handicapé mais pour un opéra j’étais prêt à payer. Ma carte bancaire sortie l’hôtesse de l’office du tourisme vérifie tout de même auprès de la société organisatrice les conditions pour avoir les places accessibles aux personnes ayant des fauteuils roulants. Il en est sorti que ces places étaient disponibles à la vente uniquement par correspondance et que je devais téléphoner pour réserver. Première discrimination !  Je ne peux pas acheter mes places comme tout le monde !!
Evidemment je ne peux pas téléphoner puisque même pour m’adresser à l’hôtesse j’ai utilisé l’écran de mon téléphone pour exprimer ce que je voulais.

Etant à Bayonne je suis passé au bureau de la délégation de l’association des paralysés de France qui m’ont aidé à téléphoner pour avoir ces fameuses places. Pour les personnes handicapées il n’y a qu’un seul tarif : 67 euros ! Deuxième discrimination !
Trop c’est trop ! tant pis pour l’opéra. Que Verdi me pardonne, je me contenterai d’écouter à côté des arènes, car le simple fait d’amener mon propre siège coûte 22 euros n’est pas admissible alors que la loi en faveur des personnes handicapées impose l’accès à tout pour tous.
mardi 15 juillet 2008

 

En me rendant aux arènes pour écouter un moment cet opéra de l’extérieur, 5 minutes avant son ouverture : le guichet était encore ouvert et il n’y avait que 2 personnes qui faisaient la queue.
Le temps de composer sur mon portable un message demandant s’il restait des places à 45 euros car je n’avais pas pu en avoir. Quelle innocence !!!
La guichetière ne savait pas trop quoi faire et demanda à sa responsable derrière elle. Un moment de silence puis dans un soupir j’entendis : « t’as qu’à lui faire et tu marques P.M.R (personne à mobilité réduite) ». Pendant que l’on me remplissait le chèque je pensais à l’absurdité de tout ce parcours pour pas grand-chose.
Dans l’arène il y avait des chaises installées et je me suis mis à coté d’elle. Quelqu’un est venu me voir pour me dire gentiment de ne pas hésiter à m’avancer. J’étais aux premières loges et le spectacle était grandiose. Autour de moi il y avait de la place pour 10 fauteuils. Je pensais à toutes ces personnes handicapées qui peut-être n’étaient pas venues à cause de ce supplément de prix infondé.
J’ai la liberté de me déplacer mais pour beaucoup, venir à un spectacle demande toute une organisation pour les transports, pour être accompagné, pour trouver quelqu’un pour se faire coucher plus tard que d’habitude etc… et à cause de tout ceci elles n’auraient pas pu se présenter à ce guichet et obtenir les places à tarif réduit.
Alors que l’on veut démocratiser la culture et surtout l’opéra qui reste un art réservé ! Encore une fois les personnes handicapées sont particulièrement discriminées.

bdp