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La semaine dernière a été très riche en évènements.

L’APF participait à une opération de sensibilisation appelée « vis ma vie avec mon handicap ».

Trois journées pour les trois grands handicaps. Des parrains et marraines plus ou moins connus étaient présents. L’une d’entre elles était Sophie VOUZELAUD, la première dauphine de Miss France 2006, qui est sourde. Cela faisait un an que l’on préparait ces journées chacun de son côté et lorsqu’on s’est revus en début de mois pour faire le point, mon coeur s’est emballé en apprenant la nouvelle. Je n’avais pas beaucoup de temps pour cette réunion, je suis donc parti en premier et Nathalie, la responsable du projet organisé par la jeune chambre économique du Pays Basque, voyant mon enthousiasme, m’a dit : « je vais essayer de te mettre à sa table pour le repas d’inauguration ! ».

Dix jours plus tard, ce fameux repas arrive sans trop savoir si j’allais avoir l’honneur de manger à la table de la dauphine. Je n’y avais plus repensé depuis le lundi, jour où quelqu’un vient m’aider à écrire. Je ne pouvais pas laisser pareille occasion sans donner à cette illustre personne les publications que le groupe des personnes en difficulté d’élocution et de communication de l’APF avait réalisées. Mais, pour lui donner cela il fallait bien que je me présente un petit peu. Et là ! Je suis retourné en adolescence, je ne savais plus où j’étais ni ce que je faisais …..J’étais entrain d’écrire à une Miss France (ou tout comme) que j’allais sûrement rencontrer. Je n’ai probablement jamais dû décrire aussi médiocrement mon travail à l’APF.

Après deux jours exceptionnellement longs durant lesquels j’ai fonctionné en mode automatique, je suis arrivé au repas 20 minutes avant. J’étais à la table 5 sans savoir si elle serait à la même…Mais oui ouf ! Il restait trois places et avec Nathalie, mon assistante de communication qui m’accompagnait, nous la cherchions partout. J’avais un vague souvenir de ses passages à la télé. Mais, je ne la voyais pas dans la salle jusqu’à ce qu’elle s’installe en face de moi avec ses parents et une interprète assise à côté de moi. Quel plaisir de découvrir son parcours et les coulisses d’un tel succès. Je ne me rappelais pas qu’elle était aussi investie pour l’emploi des personnes handicapés. Entre deux plats, elle a pris la parole et a rappelé à la centaine de personnes présentes l’obligation des entreprises d’engager 6% de personnes handicapées, ce à quoi elle a ajouté : « mais c’est possible de faire plus ! »

Un peu plus tard, nous avons vu un spectacle de danse de personnes handicapées et valides, la Klauss Compagnie, avec Sandra qui fait partie du groupe national des personnes en difficulté d’élocution. C’était impressionnant et magnifique. Nathalie a dû partir plus tôt et m’a laissé son appareil photos. Comme tout le monde se levait j’ai demandé en bafouillant à son interprète que j’aimerais une photo. Mais elle n’a pas compris et même si je ne voulais pas l’embêter, j’y tenais. Alors je suis allé vers elle en lui montrant l’appareil et elle a tout de suite compris et accepté. Elle a demandé à l’interprète de nous prendre et même deux fois. En lui disant au revoir, elle m’a embrassé gentiment. (Avec un peu plus d’audace, j’aurai pu les reconduire jusqu’à leur hôtel, car ils ont demandé leur chemin à quelqu’un.) mais j’étais trop ému pour sauter sur l’occasion, les émotions épuisent. La journée consacrée à la surdité était le lendemain. Je ne pensais pas y aller par manque de temps mais je voulais que mes parents la rencontrent. En sortant de l’APF j’ai foncé avec Nathalie au géant Casino où se déroulait la manifestation. Elle était à une table en train de dédicacer son livre. Elle m’a dit « bonjour, tu as bien dormi ? » cela met tout de suite à l’aise ! Miss France m’a demandé si j’avais bien dormi ! Comme si nous nous connaissions depuis toujours !!! du coup j’ai été manger attendant que mes parents arrivent. Finalement il n’y a que mon père qui a pu venir.

En allant vers elle, il y avait beaucoup de monde et j’ai commencé à faire la queue. Heureusement que mon père était là pour témoigner sinon personne n’aurait cru ce que je vais dire. Elle m’a vu et a fait attendre tout le monde pour que je m’assoie et qu’elle me dédicace son livre. Nous avons échangé quelques paroles et nous nous sommes dit au revoir en espérant se croiser un jour au hasard de nos déplacements. (Du moins c’est ce que j’espère moi !)

Le lendemain était le jour consacré au handicap moteur. La journée commence par une grosse surprise : des reporters de TF1 vont venir… Je suis à côte des organisateurs quand ils apprennent cela. Ils cherchent un endroit accessible, je propose le bureau d’information jeunesse à côté. Ils me demandent si je peux être filmé en utilisant ma voiture …

le rêve continue. A 14H, ils arrivent et on démarre. Nathalie ne voulant pas apparaître se tient prudemment hors cadre. Je lui dis quand même de rester près de moi car le cameraman était très à l’écoute et elle m’a aidé plusieurs fois à expliquer des détails. Ainsi j’ai fait en sorte que la déclaration des personnes en difficultés d’élocution et de communication soit dans le champ de la caméra.

Au départ, ils ne devaient pas faire d’interview, mais comme tout allait bien nous en avons fait un sur l’accessibilité. Au désespoir de Nathalie qui en fin de compte assurait très bien son rôle d’assistante de communication même devant les caméras de TF1 ! Je lui en ai déjà fait voir de toutes les couleurs mais là c’était pas mal ! Je ne sais pas quand ça passe, un JT de week-end, dans le JT de Claire Chazal! La vie est de plus en plus dure mais des fois elle offre des sourires qu’il faut vite saisir.

Le lundi 18 octobre 2010.

Extrait du JT de Claire Chazal(édito N°3)

bdp