entette

texte de Thibault PICHOT de la MARANDAIS

Un week-end dans une abbaye :
Quelle aventure… spirituelle !

 

            Il est 9h 30 quand je ferme la porte de l’appartement. J’ai une heure pour rejoindre la gare St Jean où je dois retrouver Stéphane, un ami basque…
            Je ne sais pour ainsi dire rien du week-end qui m’attend ! La seule information, que je retiens, est que cela se passera dans une abbaye – mais j’ai même oublié l’endroit ! Je pars donc à l’aventure en m’en remettant entièrement à Martine et Stéphane : de toute façon, deux jours de coupure dans un lieu calme et reposant ne peuvent pas faire de mal !

            En fait, je suis invité à la rencontre provinciale de la Frat en tant que membre d’un groupe Jeunes. Après plusieurs années de forcing de la part d’amis – bien attentionnés, je me décidai en effet à entrer (à reculons) dans ce mouvement.
            “La Frat” est le diminutif de “la Fraternité Chrétienne des Personnes Malades et Handicapées”. Je trouve cette appellation affreuse, repoussante, voire angoissante : ça fait vieil hospice ou encore certaines associations organisant des pèlerinages à Lourdes dans lesquels la pitié remplace l’échange et le malade est substitué à l’être, à l’être humain. La volonté du Père François, fondateur de cette fraternité, me semble pourtant très louable : permettre aux personnes malades ou handicapées de se prendre en charge et de se réunir afin de rompre l’isolement, de donner du baume au cœur aux plus souffrants. Aussi, il ne s’agit surtout pas de dénigrer la Frat qui donne à ses milliers d’adhérents la possibilité de dialoguer, de partager leurs joies et leurs peines, leurs doutes et leurs espoirs, leurs ras-le-bol et leurs espérances… Mais, le petit étudiant bordelais gâté par la vie, que je suis, ne ressent ni le besoin ni l’envie de se retrouver entre gens malades ou handicapés.
            C’est pourquoi ma présence au sein de la Frat se limitera vraisemblablement au Groupe Jeunes dont la responsable, Martine, est dynamique, ouverte sur le monde et débordante de projets. La particularité de ce groupe réside dans sa mixité handis/valides, ce qui nous a valu quelques remontrances de la part des hautes instances dirigeantes de l’association : cette forme de dissidence ne me déplait pas ! Nous sommes alors de jeunes chrétiens parlant de nos vies, échangeant sur des thèmes ; et le handicap devient secondaire, voire inexistant.
            Ceci pour dire que je viens à ce week-end sans beaucoup de motivation ! Il a fallu toute la force de persuasion de Martine pour me convaincre de l’accompagner. Elle se chargea même de me trouver quelqu’un voulant bien m’apporter l’aide humaine dont j’aurai besoin au cours de ces deux jours. Et, histoire d’enfoncer le clou, elle se débrouillera pour me faire baisser le prix de ce court séjour de plus de la moitié. Si ça, ce n’est pas la façon d’agir d’une véritable amie !…

            A 10h 30 pile, je sors du tram. Les transports en commun de la CUB ont considérablement atténué ma dernière grande difficulté liée au handicap que constituaient les déplacements au-delà du quartier. Les trois lignes de tramway sont accessibles en fauteuil et celles des bus le deviennent progressivement au fil du renouvellement des véhicules. Quelle satisfaction d’aller où je veux quand je veux – même à la dernière minute ! Joie simple mais bien réelle !
            A 10h 30, le Père Bertrand doit aussi arriver à la gare par le train de Pau. Ami de Martine et de Stéphane, il est accompagnateur diocésain de la Frat ; et c’est lui qui sera mon ange gardien en cas de besoin. Je ne le connais absolument pas mais mes acolytes me disent qu’il est cool, drôle, sympa : tout pour plaire, quoi !…
            Nous nous rencontrons au pied de la nouvelle Kangoo de Stéphane. Celle-ci est adaptée pour recevoir un fauteuil ; et j’ai pu ainsi venir en électrique – ce qui me simplifie grandement les choses. Durant la route nous menant jusqu’à Lormont où Martine nous attend, je me dis que ce genre de voiture s’avère idéal pour mes prochaines escapades hors CUB : il faudra que je me rapproche d’un loueur…
            Une fois l’équipage au complet, nous prenons la direction de l’abbaye cistercienne d’Echourgnac où nous arrivons sans encombre : merci M. GPS (qui a plutôt la voix d’une femme – un peu soûlante mais bien utile, je le reconnais !). Nous rentrons dans le réfectoire alors qu’on attaque déjà le plat de résistance. Tout le monde se congratule, s’échange les dernières nouvelles : Mais qu’est-ce que je fais ici ? Ne serais-je pas mieux en train de me reposer chez moi ? Bon d’accord, c’est un peu tard pour faire demi-tour ! Soudain, un « bonjour Thibault » surgit d’une table : Mais qui me connaît ? Ah oui, Martine a dû annoncer ma venue aux organisateurs de cette rencontre !

            Le repas terminé, nous prenons possession de nos chambres – individuelles s’il vous plaît ! Modernes et chaleureuses, elles sont très spacieuses. A l’extérieur, le couloir s’éclaire dès que l’on passe ; à l’intérieur, le volet électrique, les robinets sophistiqués prouvent que les Sœurs ne lésinent pas sur les moyens lorsqu’il s’agit du confort de leurs hôtes… Dans le cabinet de toilette,  l’emplacement de la cuvette des wc est idéal pour que je puisse me débrouiller seul. Malheureusement – et comme (trop) souvent, l’architecte prit un malin plaisir à installer une porte de sanitaires deux fois plus étroite que celle de l’entrée ! Certes, la porte du Royaume de Dieu est plus étroite que le chas d’une aiguille mais une retraite spirituelle ne m’a encore jamais transformé en pur esprit…

            A présent, nous nous retrouvons tous dans la grande salle de réunion. Un tour de table permet de nous présenter succinctement. Puis, Sœur Marie-Noëlle nous parle de sa vocation, de son engagement au sein de cette communauté cistercienne.
            Sœur Marie-Noël(le) : il me semble que ce nom renferme le Mystère joyeux par excellence. Le oui de Marie permit l’avènement de la Nativité, moment où Dieu se fait homme parmi les hommes et rejoignant ainsi notre condition humaine pour défier la mort et nous inviter au Salut éternel.
            L’autre pendant de l’Incarnation divine est alors le Mystère douloureux de la Crucifixion que pourrait symboliser Sœur Blanche de L’Agonie du Christ, protagoniste des Dialogues des Carmélites. Durant ces deux jours, cette œuvre littéraire me reviendra souvent à l’esprit : il me suffira d’un geste, d’une parole – sans parler du lieu évidemment – pour que l’histoire de Georges BERNANOS ressurgisse !

            Après le témoignage de Sœur Marie-Noëlle, nous avons le droit à une pause de trois-quarts d’heure. Je voulais me balader dans le jardin du couvent, mais tous les accès sont fermés : ce coin de verdure est apparemment réservé aux religieuses – comme la moitié de l’abbaye.
Je m’arrête alors un bon moment dans la petite bibliothèque. Il faut une sacrée dose de courage et – surtout – de passion pour lire exclusivement des sujets tournant autours du même thème, celui de la religion : les écrits de prêtres, de Papes, de Saints, la théologie en long, en large et en travers, la Bible – bien sûr, des livres de prières ou d’oraisons… Un bon roman ou une bonne BD de temps en temps ne pourraient pas faire de mal non plus, non ?
Sur une étagère, j’aperçois un ouvrage de Mgr GAUCHER, éminent bernanosien écrivant beaucoup sur l’Espérance. Ce grand monsieur  ne peut donc me laisser indifférent !…

La 2de partie de l’après-midi est consacrée au bilan de l’année écoulée. Chacun à leur tour, les responsables diocésains font un petit topo sur leurs activités, leurs difficultés éventuelles, leurs projets…
J’assiste en spectateur… distrait ! Comme celui de l’élève de L’oiseau lyre , mon esprit s’envole vers d’autres horizons. Il rejoint Blanche de la Force , les deux Mouchette, le curé d’Ambricourt, Guillaume, Steeny, M. Ouine qui me cause quelques soucis  ; il passe de mes Parents et Grands-Parents ; il m’interroge sur ma propre vocation (à quoi suis-je appelé ?)…
18h 15 sonne, l’heure du souper aussi ! Les Sœurs se lèvent en effet tous les matins à 4h 15 pour les Vigiles, office qui doit se dérouler avant le lever du soleil . Elles sont déjà debout depuis longtemps quand le monde s’éveille : elles nous prennent sous leur protection…

Entre le dîner et la veillée, Martine me propose de faire une balade sur la route menant au village. Il fait particulièrement bon, le paysage vallonné est à couper le souffle, un extraordinaire silence nous enveloppe… J’ai la sensation étrange et jouissive d’être perdu quelque part sur la terre  : le monde m’appartient ! Ou plus modestement, je fais partie intégrante de ce monde, de ce monde où, à cet instant précis, semble couler la vie doucement, paisiblement… Cette promenade aux côtés de Martine restera pour moi un moment fort de ce week-end.
En rentrant à la nuit tombée, nous voyons s’éteindre la dernière lampe du 2d étage de l’abbaye. Les moniales dorment désormais : elles nous laissent les clefs du monde – jusqu’à demain…
Elles passeront toute leur existence ici, dans ce coin reculé, pendant que nous irons par monts et par vaux à la recherche de je ne sais quel graal : Sincères respects… Moi qui ai la bougeotte et tiens à garder jalousement mon indépendance chèrement acquise, j’espère que ma vocation est autre !!! (Je crains fort que la question de la vie monastique ne se pose à moi jusqu’à ce que je trouve la femme de ma vie !!!)

Pour débuter la soirée, un prêtre du groupe nous lit un texte du Père François sur la fraternité. Je reconnais que ce vocable renvoie à un concept magnifique et que ces quelques lignes portent une fabuleuse Espérance… Cependant, je ne parviens toujours pas à me reconnaître dans cette Frat. J’ai en outre l’impression d’être un OVNI dans ce groupe – composé pourtant de personnes au fait du handicap – ou, plus exactement, un ORNI, un IRNI (Individu Roulant Non Identifié). Lorsque l’on m’interroge en effet sur ma vie, les yeux s’écarquillent comme si je faisais des choses extraordinaires – alors que je vis, simplement .
Le même prêtre nous proclame ensuite un passage du Porche du mystère de la deuxième vertu. Cette œuvre vraiment admirable de Charles PEGUY mérite d’être lue à haute voix : toute la musicalité de ce texte, d’une profondeur inouïe, frappe ainsi l’oreille de l’auditeur. Hélas, la lecture à peine terminée, nous passons tout de suite à autre chose – sans pouvoir savourer pleinement la beauté de ces mots, la sonorité de ces phrases. Certes, les similitudes entre la pensée de PEGUY et celle de BERNANOS (encore lui !) ne me rendent peut-être pas très objectif mais, en règle générale, je trouve que nous ne prenons pas assez le temps de goûter aux textes, aux prières préparées par certains du groupe : tout va trop vite – alors que le cadre appelle à la contemplation, à une pause dans notre rythme quotidien souvent effréné… Bien sûr, je comprends que l’organisation de ce genre de rencontre doit répondre à certaines exigences, s’arranger de certaines contraintes ; mais je me permets de trouver cela dommage…

Demain, le lever est à 7h 15 ! Ce n’est pas 4h 15 comme pour les Sœurs : ne nous plaignons pas !!!
Je suis déjà couché lorsqu’on frappe à ma porte. Martine, Stéphane et Bertrand me font l’amitié de passer la fin de soirée dans ma chambre. Grâce au téléphone portable de Stéphane, équipé d’un haut-parleur, nous suivons les deux dernières minutes de The événement mondial : France / Nouvelle-Zélande !!! A l’autre bout de fil, Jean-Michel n’a jamais vu une équipe défendant aussi bien. 20 à 18… Le coup de sifflet final retentit enfin… Et voilà quinze joueurs réussissant l’exploit que personne n’imaginait – sauf eux ! Ils ont su espérer contre tout espoir.
Espérer au-delà de toute espérance !… Toute la vie de BERNANOS (je n’en sors pas, désolé !) est calquée sur cette foi – cette foi dans le lendemain et dans l’Après. Je crois que la Frat adhère à cette idée, à cette manière de vivre folle mais réaliste, incompréhensive mais splendide.

De la confiture de figue (maison, évidemment !) avec du beurre sur du bon pain de campagne : parfait pour bien commencer la journée !!! Je me charge d’annoncer La nouvelle – qui se répand telle une trainée de poudre dans l’abbaye : « Dieu est vivant » ? Non ! celle-là tout le monde la connait déjà ici. Je veux parler de l’autre : « On est en demie, on est en demie, on est en demie » !!!

Nos panses bien remplies par ce délicieux petit-déjeuner, le festin spirituel nous attend. La messe est célébrée dans la grande chapelle du couvent. Celle-ci n’est constituée que d’une nef – imposante – découpée en quatre parties : les bancs des fidèles, les sièges des moniales de part et d’autre de l’allée centrale, le chœur et le chevet. Dans ce lieu grandiose, aucune décoration, aucune fioriture ne claque à l’œil. Mais, le blanc cassé de la voûte, les panneaux de bois foncé et le parterre moquetté rend une ambiance chaleureuse. La sobriété de l’endroit renvoie au dépouillement des Sœurs : une sensation étrange de pureté absolue me submerge ; je suis bien…
Après la procession dans toute l’abbaye, les prêtres entrent dans la chapelle suivis du cortège des cisterciennes chantant en latin. Je suis saisi par cette solennité – pourtant toute simple ; je me sens au cœur du sacré, au cœur du Vrai (des frissons me parcourent le corps). Etonné, subjugué par cette atmosphère apaisante et priante, je me laisse guider par ces moniales convaincues de la Présence de Dieu – jusqu’à lui consacrer leurs vie entières…
Ecoutant chanter les Sœurs, j’ai une révélation – dont les prémices se faisaient déjà sentir hier : si elles n’étaient pas là, si elles n’intercédaient pas continuellement pour nous, notre bonne vieille planète tournerait encore moins rond qu’aujourd’hui… Je prends ici conscience que la communion des vivants signifie vraiment quelque chose : nous sommes tous frères – les uns soutenant les autres au sein d’une union silencieuse mais bien réelle. L’être humain ne vit pas seul, il fait partie d’une communauté de six milliards d’individus dans laquelle chaque membre donne et reçoit de ses co-terriens. La trame d’une nouvelle me vient alors à l’esprit : un médecin désabusé serait appelé par des moniales malades ; il soignerait les corps pendant que son âme serait touchée et convertie par ses patientes – dans une interaction heureuse .
Paradoxalement, ces Sœurs s’enferment donc pour mieux s’ouvrir sur le monde, pour mieux apprécier l’humanité de chaque homme, de chaque femme. Par leur présence discrète, elles sont des lampes disséminées à travers la terre permettant à chaque individu de se remettre à flot. S’arrêter durant quelques jours dans un couvent devrait être naturel : une coupure salutaire serait ainsi reconnue par tous pour souffler, faire le point et repartir du bon pied. Partout, des religieux nous attendent, les mains vides mais le cœur plein. Si je reviens à Echourgnac dans dix ans, je suis quasiment certain que Sœur Marie-Noëlle se souviendra de mon prénom – comme celui de chaque membre du groupe… Il me semble qu’un couvent se trouve à Caudéran : Je prends la résolution d’essayer de m’y rendre de temps à autre afin de faire la part entre l’essentiel et le superflu, le secondaire dans ma vie.
L’homélie tourne autour de la foi qui se disait en ancien français “fiance”. Ce vocable donna “fiançailles” ainsi que “défiance”, “méfiance” et “confiance”. La foi ne s’obtient pas, “avoir la foi” ne veut rien dire puisqu’elle est avant tout relation, relation unique entre Dieu et chacun de nous. Nous pouvons la refuser ou l’accepter, la vivre avec certaines réserves ou sans aucune réticence. Défiance, méfiance, confiance… ma foi traverse ces trois états selon la santé de mon existence – même si, en mon fort intérieur, je reste intimement persuader qu’Il est là, toujours près de moi…

Le déjeuner terminé, les départs s’enchainent. Le week-end s’achève et tout le monde rentre chez soi. Nous sommes les derniers à partir. Une Sœur prépare les chambres pour un autre groupe ; l’abbaye retrouve son silence religieux ; je goûte, impressionné, cette sérénité qui m’enveloppe.
Avant de prendre la route de Bordeaux, nous décidons de faire un crochet par le prieuré St Jean-Baptiste, situé aussi à Echourgnac. Cette communauté regroupe des moines ayant un handicap mental. Elle s’est installée dans une vieille maison de campagne et transforma une ancienne grange en chapelle (quoi de mieux pour célébrer ce grand Mystère joyeux qu’est la nativité ?). Les religieux élèvent de belles brebis, fabriquent du fromage qu’ils vendent quotidiennement sur les marchés.
Durant une bonne partie du retour, je reste pensif : si nos sociétés, dites évoluées, acceptaient avec enthousiasme ces modes de vie différentes mais oh combien respectables, le monde ne s’en porterait que mieux… Et peut-être que cela éviterait à des fils psychologiquement malades d’assassiner leurs mères – comme ce qui vient de se passer à Lormont…
La radio débite ses informations : victoire du XV de France (ah bon ?!!!), scandale d’EADS, prévision d’un jeudi noir dans les transports publics, etc. Mais après ce week-end hors du commun, plus grand-chose n’a d’importance… Ce serait tellement plus simple si l’homme, si l’humain se trouvait au centre des préoccupations, au centre des projets quels qu’ils soient, au centre des décisions d’où qu’elles viennent…

Dans la voiture qui me ramène chez moi, je suis en compagnie de Martine, Stéphane et de Bertrand. Ces trois personnes me permirent de profiter pleinement de ces deux jours : qu’elles en soient ici chaleureusement remerciées !
Même si toutes mes réticences vis-à-vis de la Frat ne sont pas tombées, j’ai vécu durant ce week-end des moments très forts, très intenses que je n’oublierai pas de sitôt. Je prends cela comme un privilège – en continuant de penser que je suis véritablement gâté par la vie…

 

Les samedi 6 et dimanche 7 octobre 2007.

Tirée tout de même d’un fait réel.

De Jacques PREVERT, il me semble.

Qui deviendra Sœur Blanche de l’Agonie du Christ.

Ce sont tous des personnages bernanosiens. Les trois derniers appartiennent au roman Monsieur Ouine sur lequel je travaille actuellement.

Mais, été comme hiver, l’horaire ne change pas ! L’astre du jour symbolise bien entendu le Christ – qu’on attend.

Je sais juste que je suis en Dordogne ! Ce soir, je ne veux pas en savoir davantage…

Pour ceux qui ont, comme moi, une culture religieuse plus ou moins approximative, ces initiales peuvent évoquer celles apposées en haut de la Croix de Jésus : I.N.R.I. Mais, aucun sens n’est à chercher dans cette (quasi) coïncidence purement fortuite.

La virgule a ici toute son importance. Il ne s’agit pas de dire si je “vis simplement” ou non. Mon propos est d’expliquer que je poursuis simplement mon petit bonhomme de chemin – et que cela me parait de toute façon normal.

L’ami de Martine ; quelqu’un que j’estime beaucoup malgré nos divergences politiques, quelqu’un qui combat pour la justice, la justice sociale de façon quasi viscérale.

Le pronom indéfini permet d’inclure la France (en tant que peuple) dans cette victoire sans pour autant nous l’approprier personnellement : soyons tout de même modestes et honnêtes vis-à-vis des joueurs !

Que l’on peut bien évidemment élargir à la Communion des Saints. De toute façon, nous sommes tous appelés à la sainteté – quelle que soit notre vie…

Mais ce thème a sans doute été développé plus d’une fois dans la littérature !

bdp